dimanche, juillet 23, 2006

Le Sourire Nantais

La scène : un supermarché.

Oncle Tom se promène dans les rayons avec son chariot qui, comme d’habitude trace son propre chemin malgré des tentatives d’intervention humaine. L’allée étant bien étroite, tout juste assez large pour que deux ensembles de chariot indressable et humain frustré puissent passer. Ayant réussi à éviter l’accrochage, Oncle Tom sourit, expression naturelle de reconnaissance de l’autre dans la même situation difficile. Ce qu’il reçoit en retour est un regard froid, un regard glacial, qui gèlera les couilles d’un lézard en cuivre. Une expression qui communique l’irrecevabilité de la moindre geste de solidarité humaine. Qui nie, d’ailleurs, à celui coupable d’une telle aberration, sa place dans la famille humaine.

ON NE SOURIT PAS A NANTES

Regardez les passants dans les rues nantaise, un beau jour d’été : on ne sourit pas. Regardez les têtes de participants aux moments festifs : on ne sourit pas. Ou, encore, lors des manifestations culturelles, on est présent, mentalité de mouton oblige, mais... : on ne sourit pas.

Bref, ON NE SOURIT PAS A NANTES.

C’est bien de sourire : ça lubrifie les relations ; ça montre la disponibilité et la chaleur humaine ; ça met de la baume au coeur ; ça enlumine la journée...

Peut être, MAIS AILLEURS.

Le nouveau venant à Boboville, normalement constitué, aurait tendance de spontanément afficher la banane. Erreur. Pour réussir son intégration dans la société nantaise il va lui falloir apprendre à NE PAS SOURIRE.

Différentes stratégies sont possible dont quelques exemples :

    La discipline mentale : il faut simplement se rappeler à tout moment que le nantais ne sourit jamais, sauf peut être en privé quand un faible frémissement des lèvres serait permis.
    La gestion par l’imagination, un technique emprunté du monde du théâtre : à chaque fois que vous êtes tenté de sourire ou que quelqu’un vous sourit, imaginez la chose la plus triste possible - pour un nantais c’est la perte de son standing, ou si c’est un étranger devant lui (surtout teinté) il l’imagine comme son chef.
    L’intervention médicale : pour ceux qui ne peuvent pas atteindre cet état par le seul moyen de leur volonté, le docteur Midas Pincecul, 238bis bd. Guist’hau pratique une thérapie qui garantie de donner des résultats saisfaisants. Par l’utilisation de Botox, l’excision de neurones et diverses manipulations occultes il va vous rendre la figure vide d’expression. Cette thérapie n’est pas prise en charge car le bon docteur pratique les honoraires catholiques et libérales.


La rumeur persiste que le Grand Lézard rectifiera cette anomalie une fois président.