Quand un homme se présente aux élections ce qui intéresse aux électeurs, bien entendu, sont ses projets. Ils ont envie de savoir quel avenir se prépare pour eux s'il emporte le scrutin. Cependant, ce qui manque à cette analyse étroite (et narcissique) sont les valeurs que porte le candidat. Un projet mené sous l'influence des finalités différentes ne donne pas le même résultat (ni les mêmes dommages collatéraux). Il est, donc, fondamental de confronter ses projets et ses valeurs dans un choix de candidat. Voter pour un inconnu comporte, donc, un risque puisque c'est dans ses actes que l'on verra l'expression de ses valeurs et sans actes cette évaluation est, évidemment, impossible - Oncle Tom passe en silence ce que le chef de l'Etat a révélé des siennes depuis son élection.
Un homme qui se représente, cependant, a un passé, surtout après trois mandats. Là, il est possible de voir des faits les vraies intentions de l'homme et sa vision de société.
En dix-huit ans, le Grand Lézard et ses comportements ont évolué. Une chose est sûr. Son amour du béton s'est approfondi. Mais la politique de logement du GL et les effets terribles sur les personnes modestes n'est, comme dirait M. LePen, qu'un détail de l'histoire.
Pour Oncle Tom ce qui est le plus révélateur de la vision du Grand Lézard se trouve au site des chantiers de Dubigeon.
Quand le chantier naval a fermé, toute trace de la construction navale devait être rayée de la carte. Cependant, grâce, surtout, aux efforts des anciens ouvriers, la ville a reconnu la valeur patrimoniale de certaines de ses structures: le Titan, les bureaux, la grande nef et les cales.
Pendant le premier mandat du GL, le Titan fut restoré et le bâtiment des bureaux du chantier a fait peau neuve. Les nouveaux locaux de ce dernier ont été investis par la section Formation Continue de l'Université de Nantes, l'Université du Troisième Age, la Maison des Hommes et Techniques et le Centre Interculturel de Documentation. Un lieu donc, qui a été transformé de la production industrielle en production de savoir et citoyenneté.
De l'avenir de la nef on entendait, au fil des années, différentes versions : un centre commercial, un lieu de création artistique, une maison du citoyen... Et pendant ce temps le bâtiment se dégradait. Finalement les travaux se sont mis en route. La conservation du bâtiment a consisté en la réduction à son ossature et l'installation d'un bricolage qui abrite l'éléphant de Royale Deluxe (qui, à cause de son penchant pour la panne, a frôlé le fiasco à tout moment pendant son service en spectacle). Cet objet, avec ses fonctions rudement simplifiées, fait des tournées lugubres du site en aspergeant de temps en temps les spectateurs. Le site du Dubigeon est devenu un faible imitateur de Disneyland a des tarifs, bien entendu, qui excluent les plus démunis.
Avec la résidence permanente du pachyderme, le projet de Royale Deluxe se trouve travesti et dilué jusqu'à ce qu'il devienne insipide. Celui d'origine était d'investir la ville de façon inattendue et presque sans explication afin de raconter une histoire que les habitants découvraient au fil des jours de "l'occupation". La magique était dans la surprise et dans le fait que les spectateurs étaient eux-mêmes, acteurs car, comme ils ne pouvaient pas tout voir, l'histoire se construisait pour chacun à travers les épisodes qui se sont racontés entre eux. L'installation de l'éléphant comme banalité quotidienne détruit tout cela - platement le consommateur va voir l'éléphant (et surtout le magasin de souvenirs), rien à raconter, mission de consommation remplie, il rentre, la bourse désemplie : fin de non-histoire.
L'incongruité entre les anciens bureaux de Dubigeon et la futilité qui l'entoure révèle, et illustre, une transformation d'une vision de société et des citoyens qui la constituent. Le premier état est la vision de l'homme en devenir perpétuel, qui apprend et se forme tout au long de sa vie et qui participe dans la construction du langage commun qui est la culture. Le deuxième est le concept de l'homme consommateur, vide de contenu à qui on jette des bribes d'événement en guise de sens, et la culture, si jamais elle ne sert autrement que comme stratégie publicitaire, est une affaire d'élite de "décideurs".
On peut la résumer ainsi : pour le GL et les membres (non-élus) de son cabinet le terme "concitoyen" ne représente plus des valeurs de solidarité et d'engagement, mais se décline en deux mots - bref, ceux qui vont aux urnes ne sont que des cons "citoyens".
Un homme qui se représente, cependant, a un passé, surtout après trois mandats. Là, il est possible de voir des faits les vraies intentions de l'homme et sa vision de société.
En dix-huit ans, le Grand Lézard et ses comportements ont évolué. Une chose est sûr. Son amour du béton s'est approfondi. Mais la politique de logement du GL et les effets terribles sur les personnes modestes n'est, comme dirait M. LePen, qu'un détail de l'histoire.
Pour Oncle Tom ce qui est le plus révélateur de la vision du Grand Lézard se trouve au site des chantiers de Dubigeon.
Quand le chantier naval a fermé, toute trace de la construction navale devait être rayée de la carte. Cependant, grâce, surtout, aux efforts des anciens ouvriers, la ville a reconnu la valeur patrimoniale de certaines de ses structures: le Titan, les bureaux, la grande nef et les cales.
Pendant le premier mandat du GL, le Titan fut restoré et le bâtiment des bureaux du chantier a fait peau neuve. Les nouveaux locaux de ce dernier ont été investis par la section Formation Continue de l'Université de Nantes, l'Université du Troisième Age, la Maison des Hommes et Techniques et le Centre Interculturel de Documentation. Un lieu donc, qui a été transformé de la production industrielle en production de savoir et citoyenneté.
De l'avenir de la nef on entendait, au fil des années, différentes versions : un centre commercial, un lieu de création artistique, une maison du citoyen... Et pendant ce temps le bâtiment se dégradait. Finalement les travaux se sont mis en route. La conservation du bâtiment a consisté en la réduction à son ossature et l'installation d'un bricolage qui abrite l'éléphant de Royale Deluxe (qui, à cause de son penchant pour la panne, a frôlé le fiasco à tout moment pendant son service en spectacle). Cet objet, avec ses fonctions rudement simplifiées, fait des tournées lugubres du site en aspergeant de temps en temps les spectateurs. Le site du Dubigeon est devenu un faible imitateur de Disneyland a des tarifs, bien entendu, qui excluent les plus démunis.
Avec la résidence permanente du pachyderme, le projet de Royale Deluxe se trouve travesti et dilué jusqu'à ce qu'il devienne insipide. Celui d'origine était d'investir la ville de façon inattendue et presque sans explication afin de raconter une histoire que les habitants découvraient au fil des jours de "l'occupation". La magique était dans la surprise et dans le fait que les spectateurs étaient eux-mêmes, acteurs car, comme ils ne pouvaient pas tout voir, l'histoire se construisait pour chacun à travers les épisodes qui se sont racontés entre eux. L'installation de l'éléphant comme banalité quotidienne détruit tout cela - platement le consommateur va voir l'éléphant (et surtout le magasin de souvenirs), rien à raconter, mission de consommation remplie, il rentre, la bourse désemplie : fin de non-histoire.
L'incongruité entre les anciens bureaux de Dubigeon et la futilité qui l'entoure révèle, et illustre, une transformation d'une vision de société et des citoyens qui la constituent. Le premier état est la vision de l'homme en devenir perpétuel, qui apprend et se forme tout au long de sa vie et qui participe dans la construction du langage commun qui est la culture. Le deuxième est le concept de l'homme consommateur, vide de contenu à qui on jette des bribes d'événement en guise de sens, et la culture, si jamais elle ne sert autrement que comme stratégie publicitaire, est une affaire d'élite de "décideurs".
On peut la résumer ainsi : pour le GL et les membres (non-élus) de son cabinet le terme "concitoyen" ne représente plus des valeurs de solidarité et d'engagement, mais se décline en deux mots - bref, ceux qui vont aux urnes ne sont que des cons "citoyens".