vendredi, juin 30, 2006

ECOSSOLIES - Nantes solidaire ?

Après des avaries internet (qui ont coïncidé avec son dernier message) Oncle Tom est de retour. Ces nuisances ralentissent le travail, mais ne l’arrêtent pas.

Oncle Tom est allé aux “ECOSSOLIES” - une manifestation mise en place par Nantes Métropole, autrement dit, la communauté urbaine (un terme moins prétentieux). Cet événement a rassemblé les associations de “l’économie solidaire”. En fait, il a regroupé les acteurs dans les domaines du programme d’action de la communauté urbaine, baptisé “Agenda 21."

Ce qui a frappé Oncle Tom était la place donnée aux associations/entreprises “d’insertion” qui offre des “services à la personne”.

Il a trouvé la réponse dans le document d’actions retenues de la communauté urbaine dans le cadre de l’Agenda 21. Là on trouve que les services résidentiels “confortent l’attractivité” de l’agglomération nantaise. Qui veut dire que les Bobos et nouveaux riches seront plus attirés à s’installer à Boboville si la bonne est facilement à disposition.

Analysons, un peu, l’économie de cette aubaine de main d’oeuvre perso. D’une part l’employeur a droit de defiscaliser la moitié du coût de la prestation de service. D’autre part les “employeurs” sont exonérés de charges sociales (à la hauteur du SMIC) et, en plus, le Conseil Général verse une somme équivalente au RMI aux “employeurs” si les “bénéficiaires” des contrats sont des RMIstes. Tous ces versements et arrangements créent une note qui’il va falloir solder ailleurs.

Bref Bobo se fait payer sa bobonne par le contribuable - et tout en se félicitant qu’il “l’aide.”

En plus, si au moins deux banques “mutualistes” se mettent sur le coup (et la Caisse d’Epargne jouissait d’un grand stand parmi les fournisseurs de ces services), c’est parce qu’il y a du fric a faire - tout glissé sous la couverture d’une mission de “solidarité”.

Les marchands de dispositifs d’insertion offrent une formation (comment pousser un balai, essorer une serpillière...) et un contrat de travail aidé.
Comment évaluer l’efficacité de ces “actions d’insertion” ? Le critère quantitatif les marchands de dispositifs sont en droit de se féliciter s’ils atteignent un taux “d’insertion” en fin de parcours de 40%. Pour le qualitatif pour une “insertion réussie” à la sortie d’un dispositif est d’un contrat de travail pour un minimum de six mois.
Les contrats aidés, qui sont l’outil de base des entreprises d’insertion, sont rarement (si rarement que nous pouvons dire jamais) pérennisés. Ce sont, donc, des contrats précaires. Le ressortissant, armé avec sa formation minimale, doit s’estimer heureux d’aller vers un contrat tout aussi précaire. Une question se pose...

L’insertion est une question qu’Oncle Tom va traiter plus longuement plus tard. Mais si ces critères sont si peu ambitieux c’est dû au profilage du public “en insertion”.

On commence à apercevoir le projet social du Grand Lézard : ceux d’en haut débarrassés de leurs tâches quotidiennes par ceux qui vivotent dans une précarité extrême. Un nouveau monde féodal s’installe.

Est-ce que ce nouvel ordre social résoudra le problème des quartiers ? Bobo ne va pas employer un teinté (craintes de vol etc associé à son profile - voir dernière message) sauf qu’il estime qu’ainsi ce dernier trouve bien sa place naturelle.

samedi, juin 17, 2006

Les effets de la discrimination (premier partie)

Une des intentions de ce blog est de décrire la vie et la précarité face à la discrimination.

Pour ce faire, Oncle Tom s'est aventuré sur le net pour trouver de la documentation sur les effets psychologiques chez les victimes de la discrimination. Les conséquences matérielles sont évidentes, ce qui nous intéresse est ce qui passe dans la tête.

Il a commencé par tripoter les moteurs de recherche - page après page Google, Lycos, Jeeves ... Afin de trouver un document de provenance de la belle France qui a - dit-on - donné la naissance à la Déclaration des Droits de l'Homme (elle et né quelques années plutôt aux mains des pères fondateurs des Etats Unis mais passons). Ben, RIEN. Rien mes enfants RIEN.

Finalement il a fini en Canada en Ontario pour être précis. Ne vous inquitez pas, ici nous respectons la loi Toucbon : Le texte est en Français.

Ce texte introduit un concept le profilage. Dans cette première partie nous allons réflechir là dessus. Dans l'article il est clair que le terme est dérivé de l'emploi des experts qui étudie l'évidence d'un crime pour établir le profile ou les caracteristiques probable du responsable. Le profilage est, en effet, d'agir en termes d'un steréotype pré-établi, sans qu'il n'y ait ni crime ni expert. Il décrit, donc, ce qui est présent dans la tête du discriminateur quand il est à l'oeuvre.

Nous pouvons constater du profilage, par exemple, au Place de Commerce à Nantes, ou dans des rues ailleurs en centre ville, quand les Robocops - l'armée privée du Grand Lézard, ceux qui parcourent la ville laborieusement à vélo - interpellent un groupe de jeunes de pigmentation ou habillement "différent" qui trainent, alors qu'à dix mètres d'eux, un autre groupe de jeunes de peau et habits "conforme" (blanc, sappé mode) font la même chose (comme tous le jeunes d'ailleurs). Les uns ne sont pas plus louches que les autres, mais...

Et ça arrange les commerçants qui accusent certains styles ou types de personne de faire peur à leurs clients. Ne se doutant jamais que c'est le ringard et le snob chez eux-mêmes qui dégoûtent et font fuir...

Le profilage fonctionne aussi dans l'excluson. Exemple du vécu de l'Oncle Tom : une structure qui lui avait miroité un poste pendant bien des mois a finalement fait marche arrière car l'intéressé "ne maîtrisait pas le français". C'est un étranger, donc il est évident qu'il est analphabet. Curieusement celà ne posait pas problème tant que son travail était gratuit.


Bref, le profilage est un concepte qui va servir sur ces pages, autant en ce qui concerne la discrimination raciale qu'en matière de l'excluson sociale et "insertion".

vendredi, juin 16, 2006

Surfer les blogs à Nantes (premier partie)

Il y a un blog qui s'appelle tout simplement Nantes.

Oncle Tom le trouve mystifiant : il n'y a ni de nom d'auteur ni de profile, bref, rien qui donne une idée de son origine. En même temps, sous une image du Grand Lézard, un petit lien - "à propos" - cliquez dessus et, hop, une question sur le carriérisme du dite reptile. Il y a une dizaine de jours il y avait un message concernant une rumeur sur la vie privée de J-M. A. qui refait surface de temps en temps - eux jours après ce message avait disparu. (Cette rumeur d'ailleurs n'a aucun place dans le débat politique - la seul question nous nous permettons de poser est celle du goût de l'autre intéressée dans l'affaire.)

Le ton de l'ecriture est plat et sans passion, loin des délires de la plupart des blogs perso. C'est comme si un fonctionnaire essayait de se mettre dans la peau d'une ménagère qui vient de rentrer du supermarché.
Le site d'hébergement du blog a plutôt tendance de donner voix à la politique de droit (voir extrème droit).

Oncle Tom reste convaincu, cependant, que c'est un conduit de la Mairie, qui détourne le sens, la franchise du blogging en une tentative (encore une) de manipulation

Si quelqu'un peut me laisser d'explication...

mardi, juin 13, 2006

Portrait de ville

Le voila, le grand lézard, au soleil, au sommet de son tas de cailloux qui est Boboville (ce n’est pas ainsi qu’on décrit un urbanisme sans projet social ou esthétique dont le seul critère est la rentabilité ?). Dessous cette position vertigineuse dans les trous, creux, fissures et crevasses, sur les saillies et corniches, ça grouille avec des lézards petits, gros et moindres, des serpents longs et courts, des orvets, bref, toute une activité reptilienne. Ils glissent, se chevauchent, grimpent les uns sur les autres dans une ruée sans fin, où tutoiement et couteau-dans-le-dos vont de paire, pour arracher chacun sa place privilégiée, sa planque, son avantage, son pouvoir. Le service au citoyen n’est qu’annexe technique à ces préoccupations essentielles.
Un instrument accordé à un seul ton, celui du carriérisme d’un seul homme.

jeudi, juin 08, 2006

Commemoration du 150 ans de l'abolition de l'esclavage

Pour dresser la scène.

Un événement haut en couleur (pas de blancs) qui serait passé dans une discrétion totale si une chaussée du quai de la Fosse n’était pas interdite à la circulation - afin de pouvoir garer toutes les voitures de fonction. Une scène pour la musique, un barnum pour des animations et, au bout, une cabane abritant l’équipe de vente d’un projet immobilier - typiquement nantais, quoi. Et le tribune orné des militaires, des élus, un préfet - le jeu complet pour donner de la solennité .

Des discours d’une passion et sincérité et si en phase avec leur auditoire que ce dernier - un public ni impressionnés par ces uniformes et képis alourdis de leur broderie dorée, ni doté de la rigueur d’écouter n’importe lequel notable qui ouvre son bec - les a prêté tout l’attention qu’ils méritaient.
Bref, ça causait - des retrouvailles, des projets des histoires...

Devant la difficulté d’écoute, Oncle Tom s’est livré à un passe-temps. Amateur de la nature, il s’amuse parfois de trouver des ressemblances entre phénomènes humains et ceux du royaume animal. Ainsi s’est-il préoccupé futilement du cas du grand chef de Boboville. En observant le regard hautain, voir arrogant, digne d’un souverain élu de dieu plutôt qu’un élu du peuple, et le visage vide de toute expression au-delà de la suffisance, il s’interrogeait à quoi cela pouvait ressembler. Puis, comme une éclaire, la ressemblance fut trouvé : le lézard prenant ses aises au soleil.

Notre grand lézard était entouré de tout sa cortège : attaché de presse, chauffeur, majordome et garde corps (eh oui, le grand lézard se fait accompagner par un gorille à l’oreillette) sans oublier sa Bernadette, qui portait tous les signes d’un intérêt passionnel en l’affaire en cours.

Son discours, rempli, comme d’habitude, de l’humour et convivialité a exprimé le regret pour le passé, des voeux pour le future (la tolérance, la société équitable, la lutte contre l’exclusion et d’autres vacuités similaires) et a terminé en une présentation brève du projet du monument.

Il s’agit en effet d’un détail du projet de réaménagement du quai. Après la suppression du petit parking, le monument sera érigé ou plutôt creusé car il prendra la forme d’un espace souterrain de “recueillement et réflexion”.

L’esprit ironique portera deux remarques à cette conception. :

D’abord sur la symbolique d’un lieu de mémoire souterrain. Au lieu de d’avouer franchement sa part dans le trafic des hommes et des femmes vers l’enfer, d’avoir profité des produits de leurs vies courtes et brutales, sans parler de la destruction du système géopolitique en Afrique qui constitue - même à nos jours - un facteur actif dans les famines, les guerres civiles, et la corruption qui défigurent le continent, la Ville va construire un ensemble invisible à tous sauf au regard attentif ou averti.

On fait son devoir, mais caché, et c’est la victime et non l’auteur de la péché qui va au confessionnal.

Mais cela de ne doit pas surprendre.

Sachons quelque chose. Les armateurs (qui à la vue facile sont les coupables de l’affaire) ont bien profité de la commerce triangulaire. Mais ils montaient les expéditions en fonction des syndicats investisseurs qu’ils pouvaient organiser. Ces derniers étaient constitués de messieurs Tout le Monde, tous ceux qui avaient de l'argent à placer et qui acceptaient les risques considérables pour toucher les bénéfices énormes. Donc il faudrait nuancer l'opinion : les armateurs étaient les produits du libéralisme de l'époque. Comme les agents immobiliers aujourd'hui, ils rendaient un service parasite.

Tous les départs et arrivées se passaient à Paimboeuf. Monsieur Tout le Monde de Nantes n’avait pas son sommeil troublé par sa conscience. En effet, il ne voyait jamais la mécanique de son investissement. Non seulement le pire du trafic se passait loin de ses yeux, mais il ne voyait pas non plus les bateaux vétustes et les hommes affreux qui les équipaient. Les produits de ce commerce venaient à quai à Nantes par cabotage – le passage sur la Loire effacant toute tache.

Deuxième observation Plus pratique, comment ceux qui se rendent sur ce "lieu de recueillement souterrain" vont-ils se servir de ce lieu (pour se recueillir, draguer, dealer...) en période de crue, à moins d’expérimenter le sort de ceux jetés par-dessus bord pendant la traversée vers les Amériques...

Le projet comme présenté sent plutôt la récupération et l’instrumentalisation du projet, porté depuis long date par l’association la
Maison d’Outre Mer, au service d’un urbanisme aussi éclairé que le palais de justice qui trône sur la rive en face.
Le projet d’origine était d’ériger une sculpture sur le quai de la fosse - une petite soeur pour la statue de Sainte Anne. Si l’objet en lui-même n’était pas esthétiquement convaincant, en tant qu’esquisse de projet il promettait. La maquette fut vite détruite (par qui et pourquoi... ?)

A l'époque, l’association avait lancé une souscription pour sa réalisation finale. Ce sera l’ironie finale si l’argent ainsi collecté sert dans la construction de cette travestie moderniste et inadaptée.

samedi, juin 03, 2006

Tissé Métisse - les origines du blog

Ce blog doit ses origines à un texte que j'ai écrit au sujet de
Tissé Métisse
, que j'ai envoyé par mél à des associations participant à l'évènement.

Je n'ai reçu qu'une réponse et ensuite j'ai découvert qu'une association avait publié le texte, sans autorisation ou merci. Cette façon de faire passer les pensées de quelqu'un comme celles d'un des leurs m'a irrité (sans surprise, il faut dire ; la récupération est un des sports préférés à Boboville)

Tout recemment j'ai découvert les blogs et il m'a paru que pour diffuser des idées, et pour empêcher le plagiare ils représentent une solution.

Donc ce post est une réedition du mél d'origine.

Quelques mots en préface de Tissé Métisse.

LINTELLIGENCE DU LIEU

Parmi ces pierres historiques
Dans les lieux de culte
Dits démocratiques
Se parlent entente, tolérance,
( citant l'édit de Nantes )
Mais ce nest que le cul qui pète,
Voila que pense la tête :


La Loire, à Nantes,
Lave plus blanc que blanc.


L'étranger est bienvenu.
Ici il peut faire sa place
Mais attends ! De l'évêque
De Rome émana cet avis :
Ce sont pas des humains
Mais bêtes, des vaches à traire, à battre.
Et voila que pense la tête :


La Loire, à Nantes,
Lave plus blanc que blanc.


Diversité fait bonheur.
En fait, ta culture nous branche
Peu. Ici on métisse - dans
Une bouillie ( sans grumeaux,
Sans saveur ) noie tout sens.
Et, d'ailleurs, tu connais qui ?
Et voila que pense la tête :


La Loire, à Nantes,
Lave plus blanc que blanc.


Le communautaire nest pas
Notre truc. Mixité fait notre
raison. Cest le hasard si
Certaines cités vous concentrent
( Et cest par votre faut si
Le chômage y réside ).
Et voila que pense la tête :


La Loire, à Nantes,
Lave plus blanc que blanc.



Pendant une journée la culture métissée" est à l'affiche. Le terme en lui-même est absurde. La culture na jamais été autre que métissée : Tchaïkovski s'est inspiré de Shakespeare qui s'est inspiré des histoires italiennes ; les impressionnistes et les nabis des estampes japonaises ; les cubistes de la sculpture africaine ; le jeu des échecs vient de Inde et les influences qui font le jazz sont innombrables.

La journée s'affiche aussi comme journée "militante contre la discrimination". Mais cette culture métissée, en quoi représente-t-elle ce qui se passe dans les quartiers de Nantes et la vie des populations d'origine étrangères ? N'est-ce pas plutôt un mélange savamment choisi en fonction du bon goût d'une classe moyenne ? Pour les associations qui participent, elles attendent élargir l'audience de leur message, mais, par rapport au public qui passe devant leurs stands (10,000 ?), combien de contacts nouveaux font-elles ? Si elles faisaient cette évaluation, elles vont trouver que le rapport entre l'effort et temps investis pour participer et l'effet réel de leur participation rendra leur présence ridicule.
En fait, elles participent à une mise en scène médiatique - dans un des hauts lieux du capitalisme nantais on fait joujou avec l'alter-mondialisme et le post-colonialisme. Mais cela ne dure pas longtemps, une douzaine d'heures, le temps suffisant pour véhiculer le message du "climat de tolérance" que notre charmante municipalité veut faire entendre. Les associations militantes sont là comme décor - une guirlande pour cet arbre de Noël.

Dans une ville où la culture est réduite à une stratégie de communication médiatique, qu'est-ce qu'il se passe pour les étrangers pendant les 364 jours du reste de l'année ? Surtout sachant que le faible pourcentage de la population immigrante (où plutôt son invisibilité) est un argument de vente de la ville à létranger.

Comment se passe-t-il dans les quartiers bien éloignés du centre ? Là où les populations d'origine immigrée habitent ou plutôt vivotent. Ils vivent dans un néant, un monde ou les notions de "projet professionnel" ou "projet de vie" n'ont du sens que pour des assistants sociaux impuissants et des agents d'ANPE incompétents. Trahis par l'école élitiste qui, en laissant de coté le projet du ZEP tout autant que celui du collège unique, les a largués sans formation initiale et sans moyens d'accéder à un métier. Donc ça train, ça traîne sans sens ou motivation.

Quelqu'un d'origine étrangère se trouve devant une culture colonialiste (en voie de mutation incertaine, faut de territoires colonisables) dont la qualité essentielle est la croyance dans la domination naturelle par une race supérieure prétendue ethniquement pure. L'objectif du colonialiste est d'assurer la docilité du colonisé tout en affirmant le naturel de cet ordre et l'infériorité de ce dernier. Ceci explique le cynisme et l'attitude manipulatrice de la majorité des équipes qui travaillent dans les quartiers et auprès des populations étrangères. Parce que c'est une population inférieure nous décidons pour eux car ils ne sont pas capables d'élaborer leurs propres projets (nous le savons car c'est nous qui validerions les projets s'ils y en avaient). En même temps, parce que nous décidons pour eux, nous le jugeons inutile de leur donner les informations et la formation nécessaire pour formuler des projets crédibles. Ainsi nous pouvons leur expliquer leurs insuffisances jusqu'à ce que la quiétude soit atteinte.

Face au monolithe de la pureté ethnique du pouvoir colonialiste, l'étranger se trouve avec deux stratégies. Le premier, le mimétisme, consiste en l'essaie de conformité à la culture colonialiste : conformer aux règles (comme sur un terrain de foot - n'est-ce pas), de réussir à l'école etc. En ce faisant, l'acteur espère trouver sa place, un travail, un logement et, en bref, tout ce qui correspond à un projet de vie. Mais ses origines ne le quittent pas, surtout dans les yeux des employeurs ou propriétaires chez qui la simple lecture d'un nom étranger finira en le classement de leurs candidatures dans la poubelle.

Si cette première stratégie mène à léchec, la deuxième nest pas meilleure. Notre ami se retourne vers le mythe de la diaspora. Il s'agit, en effet d'élever son ethnicité en contre-pouvoir, comme une résistance. En même temps il s'ouvre à toute sorte d'intégrisme car, n'habitant plus le lieu géographique de cette culture, il ne la connaît pas dans son quotidien et ses évolutions et manque, ainsi, les repères pour juger si certaines propositions la représentent réellement. Beaucoup qui vont au bled se trouve autant étranger là bas qu'ici.

Privé d'adhésion sociale des deux côtés, il se trouve dans un espace hybride. L'espace hybride n'est NI l'un NI l'autre, tout autant qu'il est ET l'un ET l'autre. Dans la pensée binaire jacobine, cartésienne ou, encore monothéiste il est un espace impossible. Pour quelqu'un aussi inculte que J-M A, il est inimaginable.
Néanmoins l'hybride habite cet espace, c'est son identité. Cet espace est aussi la zone de frottement entre les cultures plurielles qui constituent son hybridité, où elles se trouvent interpellées, mises en question, dérangées et menacées les unes par les autres. C'est donc, malgré les volontés de ceux qui l'habitent, un espace fortement politisé. Cest un espace d'un potentiel de richesse incroyable ou l'enfer. D'où le besoin d'une réelle expression et une voix pour eux sur la place publique.

Dans une ville dont la gestion est purement foncière - où toute vision, tout projet social est absent et où son seul objet est l'exercice et la consolidation du pouvoir d'un seul homme, quelle est la place de l'étranger ? Dans une ville où la démocratie locale est détournée en exercice de communication seigneuriale où est la voix de létranger ?

Combien y a-t-il de postes à la ville de Nantes qui sont occupés par des personnes issues d'immigration, et quelle est la correspondance avec la proportion de la population du même type sur le territoire ? Combien de ces postes sont en adéquation avec le niveau de formation de ceux qui les occupent ? Sont-ils dans des services centraux ou en satellite dans des quartiers sensibles ? Tout comme la seule hirondelle ne fait pas le printemps, quelques Beurs de service ne font pas lintégration sociale.

Pourquoi, dans les formules de demande dHLM la première question sur le postulant est de savoir sa nationalité (de monsieur et de madame, sil vous plaît !), si ce nest pas pour faire un tri social ?

Oncle Tom